Attribution du travail et organisation en cas d'urgence en forêt : ce que demande la directive CFST

En forêt, les secours sont souvent loin : pas de réseau mobile, un accès étroit, un lieu d'accident difficile à décrire. Si tu dois alors chercher le point de rencontre le plus proche ou le bon numéro, tu perds du temps. C'est pourquoi l'attribution du travail et l'organisation en cas d'urgence doivent être réglées avant le premier coup de tronçonneuse, et pas au moment de l'urgence.

Ce guide résume ce que dit la directive CFST sur les travaux forestiers, ce que doit contenir l'attribution du travail et comment se déroule la chaîne de sauvetage, étape par étape.

Ce que demandent les prescriptions

La base est la directive CFST n° 2134 « Directive Travaux forestiers » (état : 27 juin 2025). Les exigences citées ici concernent les travaux forestiers comportant des dangers particuliers. Selon le chiffre 5.1.3, il s'agit notamment des travaux à la tronçonneuse, des travaux d'abattage et de façonnage, du débardage mécanisé, des travaux avec protection par encordement et de la conduite de machines de chantier.

Les points essentiels :

  • Préparation du travail (chiffre 5.2.2) : Avant les travaux forestiers comportant des dangers particuliers, les procédures de travail, les équipements de travail et l'aménagement des postes de travail doivent être définis par écrit, en tenant compte des risques. La directive cite comme exemples les croquis d'organisation, les ordres de travail écrits et les plans d'urgence.
  • Plan d'urgence (chiffre 5.2.4) : Selon la directive, ces travaux ne sont exécutés que si un plan d'urgence écrit adapté aux conditions est disponible sur le chantier. Sur chaque place de travail doivent se trouver des appareils d'alarme en état de marche.
  • Sauvetage non garanti (chiffre 5.2.4) : Si le sauvetage par voies aérienne, pédestre ou pour véhicules n'est pas garanti (p. ex. en raison du brouillard, de la neige, d'une tempête ou pendant la nuit), les travaux doivent être arrêtés.
  • Premiers secours (chiffre 5.2.4) : Quiconque exécute ou surveille ces travaux doit être formé aux premiers secours. Le comportement à adopter en situation d'urgence fait l'objet d'instructions périodiques.
  • Travailleurs isolés (chiffre 5.2.5) : L'aide nécessaire doit être assurée. Un contact visuel, vocal ou par radio doit garantir qu'un travailleur isolé victime d'un accident ou en situation critique reçoive de l'aide en temps utile.
  • Radio (chiffre 5.2.19) : Lors de l'abattage et du façonnage ainsi que du débardage mécanisé, la communication entre les collaborateurs est en règle générale assurée au moyen d'émetteurs-récepteurs radio. Avant le début du travail, il faut contrôler leur bon fonctionnement et convenir d'un langage sans équivoque.

Pour cela, la Suva met à disposition le formulaire 88216 « Attribution du travail et organisation en cas d'urgence en forêt » (état : décembre 2021, 2 pages). La directive n'impose pas ce formulaire. C'est un outil qui couvre les points exigés.

Ce que doit contenir l'attribution du travail : check-list

Le formulaire Suva structure l'attribution du travail ainsi :

  • Quoi, où, pourquoi ? Coupe, lieu, but
  • Comment, avec quoi ? Méthode et équipements de travail
  • Combien ? Volume
  • Quand ? Début et fin
  • Qui ? Contremaître, collaborateurs, formateur, apprentis
  • Dangers particuliers : Chute de hauteur, route/trafic, chute de pierres, tiers, bois mort, pas de réseau mobile, ligne électrique, autres
  • Mesures contre ces dangers et travaux de repli (« Autres travaux » sur le formulaire)
  • Organisation et croquis de coupe avec direction d'abattage, places d'empilage, layons, lignes de câble, signalisation et fermetures ainsi que particularités locales (droits de passage, conduites, protection de la nature)

Le formulaire le précise : l'organisation en cas d'urgence doit être fixée par écrit, connue de tous et vérifiée tous les jours (temps, visibilité, accessibilité).

Organisation en cas d'urgence et chaîne de sauvetage : étape par étape

1. Définir les points de sauvetage à l'avance. Le formulaire demande deux indications : pour le sauvetage aérien, les coordonnées du milieu du lieu d'abattage ; pour le sauvetage terrestre, un point de rencontre (« point T ») avec la localité et les coordonnées. Selon un article spécialisé publié sur waldwissen.net (Wettmann et al., 2010), un bon point de rencontre est bien reconnaissable, facile à trouver et dispose d'un bon accès.

2. Noter les secours les plus proches. Le médecin le plus proche et l'hôpital le plus proche figurent sur l'attribution du travail, tout comme les numéros d'urgence : Rega 1414, ambulance 144, numéro d'urgence européen 112, pompiers 118, police 117, intoxications 145.

3. Vérifier que tu es joignable. Avant le début du travail, le contrôle du bon fonctionnement des radios est obligatoire (chiffre 5.2.19). Vérifie aussi que ton natel capte : « Pas de réseau mobile » fait partie des dangers particuliers du formulaire Suva. Si tu le coches, inscris dans le champ « Mesures » ce que vous prévoyez pour y remédier.

4. Assurer les premiers secours. Quiconque exécute ou surveille des travaux forestiers comportant des dangers particuliers doit être formé aux premiers secours, et le matériel de premiers secours nécessaire doit être disponible. Le comportement à adopter en situation d'urgence fait l'objet d'instructions périodiques (chiffre 5.2.4).

5. Donner l'alerte. Le formulaire guide l'annonce d'une urgence en sept questions : Qui donne l'alerte ? Que s'est-il passé ? Quand ? Où sont les personnes blessées ? Combien de personnes sont blessées ? Autres dangers, substances dangereuses ? Mon numéro de téléphone ?

La Rega recommande de l'alerter au 1414 ou via l'application Rega si une aide immédiate au moyen d'un hélicoptère de sauvetage est nécessaire. Elle cite notamment comme exemples un terrain peu praticable et les cas où un médecin est nécessaire sur place, comme une chute d'un point élevé, plusieurs blessés ou des patients incarcérés. Pour localiser l'accident, elle indique les coordonnées (p. ex. GPS ou natel), le canton, la localité, le nom du lieu et des points de repère.

6. Guider les secours. Avec le concept des points de rencontre, une personne s'occupe du blessé et une autre va chercher les sauveteurs au point de rencontre pour les guider jusqu'au lieu de l'accident (waldwissen.net). Pour un hélicoptère, la Rega indique une place d'atterrissage de 25 × 25 m libre d'obstacles, à environ 100 m du lieu de l'accident, sans câbles ni lignes.

7. Réévaluer chaque jour. Le brouillard, la neige, une tempête ou un accès bloqué modifient les conditions de sauvetage. Si le sauvetage n'est pas garanti, les travaux doivent être arrêtés (chiffre 5.2.4).

Papier ou numérique : avantages et inconvénients

Papier (p. ex. formulaire Suva)Numérique
AvantagesGratuit, utilisable tout de suite, fonctionne sans batterie ni réseauCoordonnées et points de rencontre directement sur la carte, partage facile avec les personnes concernées, planification réutilisable
InconvénientsCoordonnées à reporter à la main, modifications laborieuses, classement et transmission fastidieux, feuilles mouillées ou perduesNécessite un appareil et une batterie, un temps d'apprentissage et, selon la solution, des coûts et du réseau

Il est aussi possible de combiner les deux : planifier en numérique et emporter une version imprimée en réserve. La directive parle d'un plan d'urgence « écrit » disponible sur le chantier. Dans les chiffres consultés ici, elle n'impose aucun format précis. En cas de doute, demande à ta solution de branche (p. ex. SylvaTOP) ou à la Suva si une version numérique suffit.

Comment ForstControl t'aide

L'extension « Planification des urgences et des interventions » réunit la planification et les informations d'urgence sur une carte. Selon ForstControl, elle permet notamment de :

  • définir des points de rencontre d'urgence pour le sauvetage terrestre et aérien
  • dessiner la zone d'intervention, les zones de danger et les mesures de fermeture
  • enregistrer et attribuer les contacts d'urgence
  • tenir le procès-verbal de réception et la liste des assortiments
  • partager la planification avec une autre entreprise

L'extension coûte CHF 276 par an (hors TVA) et nécessite la licence Business.

Questions fréquentes

Un ordre de travail écrit est-il obligatoire en forêt ?

Au chiffre 5.2.2, la directive CFST 2134 exige que les procédures de travail, les équipements de travail et l'aménagement des postes de travail soient définis par écrit avant les travaux forestiers comportant des dangers particuliers. Elle cite l'ordre de travail écrit comme exemple, à côté des croquis d'organisation et des plans d'urgence. Selon le chiffre 5.2.4, un plan d'urgence écrit disponible sur le chantier est une condition préalable.

Dois-je utiliser le formulaire Suva 88216 ?

Non. La directive ne mentionne pas ce formulaire. C'est un outil de la Suva qui couvre l'attribution du travail et l'organisation en cas d'urgence sur deux pages.

Que doit contenir l'annonce d'une urgence ?

Qui donne l'alerte, ce qui s'est passé, quand, où sont les personnes blessées, combien de personnes sont blessées, les autres dangers et ton numéro de téléphone. C'est ce que prévoit le formulaire Suva.

Quand dois-je arrêter les travaux ?

Lorsque, selon le plan d'urgence, le sauvetage par voies aérienne, pédestre ou pour véhicules n'est pas garanti, par exemple en raison du brouillard, de la neige, d'une tempête ou pendant la nuit (chiffre 5.2.4).

Puis-je travailler seul en forêt ?

Selon le chiffre 5.2.5, les travaux forestiers comportant des dangers particuliers ne peuvent être exécutés que si l'aide nécessaire est assurée. Un contact visuel, vocal ou par radio doit garantir que tu reçoives de l'aide en temps utile si tu es victime d'un accident ou en situation critique. Une personne peut travailler seule si elle est protégée par une cabine conforme aux prescriptions de sécurité des produits (p. ex. porteur ou récolteuse). Elle fait alors l'objet d'une surveillance périodique.

Cet article ne remplace pas un conseil juridique. Font foi les prescriptions en vigueur et les indications de la Suva et de la CFST.

Sources

Toutes consultées les 26 et 27.10.2026.

  • Directive CFST n° 2134 « Directive Travaux forestiers », état au 27.06.2025, chiffres 5.1.3, 5.2.2, 5.2.4, 5.2.5, 5.2.19 – suva.ch
  • Communiqué de la CFST sur la révision de la directive 2134, 20.08.2025 – ekas.admin.ch
  • Suva, formulaire « Attribution du travail et organisation en cas d'urgence en forêt », 88216, état décembre 2021 – suva.ch/88216.f
  • Rega, aide-mémoire « Alerter l'hélicoptère de sauvetage » – rega.ch (PDF)
  • waldwissen.net, « Notfallsituation bei Holzerntearbeiten – schnelle Rettung ist lebenswichtig » (Wettmann et al. ; article original dans WaldHolz 2010, en ligne le 11.01.2011 ; ancienne numérotation de la directive) – waldwissen.net
  • Suva, « Gefahren bei Forstarbeiten im Wald erkennen » (renvoi à la solution de branche Forêt / SylvaTOP) – suva.ch
  • ForstControl, Planification des urgences et des interventions – forstcontrol.com/notfallplanung
  • ForstControl, Prix (extensions) – forstcontrol.com/preise

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